Israël, un extraordinaire pays ordinaire

Publié le par Association France Israël Marseille

Traduction : Un autre regard sur le Proche-Orient Editorial Lettre de FIM13 le 3 janvier 2011

Titre anglais : Extraordinarily Ordinary Israel

http://www.thecrimson.com/article/2010/11/16/jews-israel-many-democracy/

By Peter N. Hadar The Harvard Crisom Published: Tuesday, November 16, 2010

Cette république juive de Méditerranée orientale est aucentre de l'un des conflits contemporains les plus porteurs de dissensions, et source des plus vifs enjeux émotionnels pour beaucoup de monde. Bien qu'il soit souvent considéré comme un pays exceptionnel, je considère Israël comme un pays ordinaire confronté à des obstacles extraordinaires. Plutôt que me focaliser sur les nombreux défis qu'il doit relever, je voudrais insister sur sa normalité, en particulier sur sa démocratie ethnique et libérale, ses structures économiques, et sa diversité culturelle.

Israël n'est pas bien différent de beaucoup d'états-nation situés en Europe. Bien qu'il soit l'unique "état juif" au monde, il se comporte en vérité exactement comme n'importe quel pays d'Europe occidentale. Comme l'Angleterre il arbore son emblème religieux sur son drapeau ; comme l'Italie, sa métropole est en même temps une capitale religieuse d'impor-tance mondiale, et comme en France, ses citoyens aiment bien manifester dans les rues et exprimer bruyamment leur désaccords. Tous ces pays se sont construits sur l'amalgame de nombreuses appartenances ethniques, de cultures et de religions différentes. Par exemple, l'afflux d'immigrants nord-africains et turcs en Europe au cours du demi-siècle passé a introduit de la diversité dans les sociétés européennes. Cependant, chacun de ces états est fier de son héritage historique érigé sur des principe issus d'une appartenance ethnique, d'une culture, et d'une religion spécifiques. Israël fonctionne également en vertu d'un mo-dèle de "démocratie ethnique", où l'état est fier de proclamer que le judaïsme constitue son héritage ethnique, religieux, et culturel, sans toutefois poser des limites à la liberté religieuse de ses minorités. L'héritage d'Israël est unique au sein des nations, comme l'est celui de tout pays. Et la façon dont il préserve son héritage est tout à fait semblable aux pratiques d'une démocratie ethnique européenne traditionnelle . Et, comme dans les nations européennes, cela ne nuit nullement au fonctionnement d'Israël comme démocratie libérale.

La Déclaration d'Indépendance d'Israël stipule qu'il "assurera l'égalité parfaite des droits politiques et sociaux de ses habitants indépendamment de leur religion, de leur race ou de leur sexe ; il garantira la liberté religieuse, la liberté de conscience, le libre usage de la langue propre, les principes d'éducation, et la culture." Israël s'est calqué sur les démocraties libérales progressistes, et comme n'importe quelle démocratie d'Europe occidentale, son fonctionnement est à la limite de la confusion. Dans le système pluri partite de la Grande-Bretagne, on trouve souvent étrange que les conservateurs forment une coalition avec les démocrates libéraux. En Israël, l'actuelle coalition se compose de six partis, mêlant religieux et laïcs, faucons et colombes, libéraux et conservateurs. Si l'on ajoute en plus la règle selon laquelle "deux juifs font trois avis différents", il est étonnant qu'on puisse aboutir là-bas à quoi que ce soit.

Cependant, de quelque façon qu'ils procèdent, les Israéliens se sont avérés capables d'édifier une économie performante. Bien qu'on l'ait considéré comme un pays en voie de développement jusqu'à la fin des années 70, Israël, un pays la taille du New-Jersey avec une population inférieure à celle de la zone métropolitaine de Chicago, a vu son économie devenir l'un des poumons du marché mondial et il a récemment rejoint la prestigieuse Orga-nisation pour la Coopération et le Développement économique. Il se classe au troisièmement rang du monde (derrière l'Amérique et le Canada) pour le nombre de compagnies cotées à Wall Street ; il est second pour le volume de capitaux à risques reçus et pour la quantité de livres publiés par tête ; et il est premier pour le nombre de brevets par tête, de journaux

scientifiques par tête et de scientifiques par tête. L'innovation et l'exploitation des opportu-nités sont répandues dans la société israélienne (qui occupe le troisième rang au monde pour l'indice de l'esprit d'entreprise), permettant à Israël d'occuper une

place de choix dans l'élaboration des technologies les plus en pointe au monde. Non contents de développer la première technologie du téléphone cellulaire avec Motorola, les Israéliens ont également inventé les technologie de la messagerie vocale, la messagerie instantanée d'AOL, les caméras vidéo ingérables, et l'irrigation au goutte-à-goutte (qui a sauvé Israël de la sécheresse). Israël est parvenu à accomplir tout cela en 62 ans, malgré le boycott de la plupart des pays arabes.

Cette innovation économique a été rendue possible par un puissant "melting-pot" d'immigrants et une puissante éthique culturelle. Israël est la patrie du peuple juif, et il a absorbé plusieurs millions de juifs de la diaspora. On y trouve des Juifs éthiopiens, des Juifs marocains, des Juifs chinois, des Juifs russes, des Juifs français, des Juifs allemands, des Juifs argentins, des Juifs mexicains, des Juifs américains, et la liste continue. La diversité culturelle, alimentée par l'expérience acquise par ces Juifs dans le monde entier, contribue à l'ingéniosité des Israéliens. En outre, les Arabes israéliens, musulmans et chrétiens, contribuent pleinement à la société dont ils sont des membres en tant qu'égaux ; beaucoup servent dans le gouvernement, dans l'armée, et dans le secteur privé. Cette diversité crée une société plus ouverte et plus tolérante, qui met au premier rang les libertés de parole, de pres-se, de religion, et d'entreprise.

Israël reste la seule démocratie ethnique, libérale, capitaliste, de "melting-pot," au Moyen-Orient ; la perpétuation du conflit ne devrait pas faire oublier au monde à quel point Israël est un extraordinaire pays ordinaire.

Peter N. Hadar The Harvard Crisom Novembre 2010

Publié dans la lettre0

Commenter cet article