Editorial : La stupéfiante résistance d’ Israël

Publié le par fim13.over-blog.com

La stupéfiante résistance d’Israël
  Un autre regard sur le Proche-Orient Editorial Lettre de FIM13 le 3 janvier 2011

  La coalition mondiale qui accumule aujourd'hui ses pressions sur Israël a quelque chose d'hallucinant. Passons sur la dénonciation d'Israël (7,3 millions d'habitants, 22 mille km2) coupable d'être un état raciste, violant la légalité internationale, colonisateur, occupant, oppresseur et convaincu de vol de terres, telle qu'elle émane de l'Organisation de la Conférence Islamique (56 états, 1,55 milliards d'hommes et 31,6 millions de km2) ou de la Ligue arabe (22 états, 346 millions d'hommes et 13,7 millions de km2). Pour ces deux organisations, à 200 contre un, la volonté de délégitimer et une parole antisémite parfaitement libérée ne laissent aucun doute sur les intentions destructrices.

  Si l'on parcourt les conclusions de la réunion de décembre du Conseil de l'Union européenne (27 pays, 4,2 millions de km2 et 493 millions d'hommes) on reste aussi pantois devant le viol de souveraineté et la force des menaces proférées à l'endroit du minuscule état hébreu, mais état souverain quand même, selon le droit occidental. "L'Union européenne ne reconnaîtra aucune modification des frontières d'avant 1967, incluant celles de Jérusalem, qui ne ferait pas l'objet d'un accord entre les parties". Les "frontières" d'avant 1967 ? Qui les a inventées ? Il y avait seulement des lignes de cessez-le-feu, de simples lignes de séparation des armées, que justement les Arabes n'ont jamais voulu transformer en frontières. Un accord entre les parties ? Cela veut dire que les frontières défendables d'Israël prévues par la résolution 242 de l'ONU, Jérusalem comme sa capitale, sont subordonnées au bon vouloir de Ramallah, où siège une "partie" qui n'existait pas à l'époque (on avait alors face à face la Jordanie et Israël). Jérusalem, la colonne vertébrale morale de l'état hébreu, l'assise de son identité, soumise au verdict des successeurs du mufti nazi et d'Arafat ? Un collège politique solennel a pu exprimer ouvertement une atteinte aussi funeste à l'élan vital du peuple juif. Qui aurait imaginé que ce fut possible en Europe, après la Shoah ?

  Peut-on aller plus loin dans le mépris de la souveraineté d'un état égal à tous les autres selon le droit international ? Surtout que le mépris est assorti d'une menace d'intervention directe en cas de non aboutissement d'un accord "dans le délai de 12 mois fixé par le Quartet". Et abordant les rapports avec la Syrie et le Liban, le Conseil européen  réclame "une pleine intégration d'Israël dans son environnement régional, suivant les lignes indiquées par l'Initiative de Paix arabe." Celle qui prévoit le retour de 4,5 millions de réfugiés palestiniens au sein de l'état juif ?

Ce qui est remarquable ici, c'est l'alignement de l'Union européenne sur les injonctions de l'OCI et de la Ligue arabe. A une nuance près, la mention purement verbale de la "légitimité" d'Israël pour se préserver d'une continuité avec la monstrueuse implication de l'Europe, ses principales composantes et toutes ses strates, dans le très grand crime européen du 20ème siècle, la destruction des Juifs d'Europe.

Si l'on ajoute à cette coalition euro-musulmane contre Israël, les turpitudes de l'administration Obama (très fortement contestée aux Etats-Unis mêmes), on mesure l'ampleur et même le gigantisme de l'adversité qui assaille l'état juif de toutes parts.
Mais pourquoi le confetti de l'ancienne Terre Sainte résiste-t-il à cette curée dantesque, pourquoi ne ploie-t-il pas le genoux, pourquoi ne s'incline-t-il pas devant tant de forces réunies?
Certes, ce n'est pas faute , en son sein, d'hommes politiques, de journalistes et de professeurs qui prônent le repli et sonnent la charge contre leur propre état. Non, ce qui emporte la décision de ne pas rompre, c'est qu'à l'épreuve des responsabilités réelles, celles qui prennent en compte les vraies contraintes et les vraies menaces, les dirigeants d'Israël n'ont pas le choix. Pas le choix de briser le rêve multimillénaire de Jérusalem cette raison d'être là, pas le choix de transiger sur la sécurité avec laquelle on a tant joué, pour un prix si lourd, de Itsack Rabin à Ariel Sharon.

Et le combat n'est pas vain comme on pourrait le croire. L'Europe ne restera pas enfermée à jamais dans le tourbillon du radicalisme islamique d'état où elle s'est laissé choir depuis les années 70, à l'époque des chocs pétroliers. Ses équilibres sociaux, sa cohésion culturelle, son aptitude à demeurer à l'avant-garde de la technologie et de l'économie, sont durement compromis par son alliance contre nature, non pas avec les peuples Arabes et musulmans, mais avec les théocraties et dictatures qui les écrasent et qui ont trouvé dans la démocratie israélienne vibrante leur pire cauchemar et un bouc émissaire facile. Les peuples d'Europe ne sont pas les classes dirigeantes usées d'aujourd'hui, à la remorque de la diplomatie radicale arabe ou vouées à l'apaisement à tout prix. Et il ne faut pas non plus désespérer des peuples des pays d'Islam.

  Le Conseil de l'Union européenne consacré à la politique étrangère a adopté le 13 décembre un texte où il réaffirme des thèses violemment critiques d'Israël. Pire encore, ce texte prend des engagements solennels sur le statut final à définir entre Israéliens et Palestiniens qui ne laissent pas le moindre espace à la négociation. En gros c'est l'alignement intégral sur les revendications Arabes (accessoirement palestiniennes) qui peuvent être entendues comme une espèce de plan intermédiaire (bouter Israël sur les lignes de cessez-le-feu de 1949), avant le point final que les théocraties et dictatures musulmanes comptent mettre avec le temps à l'étrange existence d'un état juif.

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