Éditorial : La maladie de l'Occident

Publié le par Association France Israël Marseille

La maladie de l'Occident

 Un autre regard sur le Proche-Orient Avril 2012 n°6

  Mohamed Merah, Catherine Ashton, et Stéphane Hessel partagent une conviction intime : Israël se comporte de façon abjecte avec les enfants palestiniens. Que ces derniers bénéficient des meilleurs indices de santé du monde arabe (UNICEF 2009), qu'Israël assume les soins des cas trop lourds pour être traités dans les Territoires, qu'il ouvre à l'hôpital Hadassah une unité dédiée au traitement des maladies cardiaques congénitales de ces enfants, rien n'altère cette conviction. Que le Fatah et le Hamas s'en servent comme boucliers humains, qu'ils les endoctrinent ou qu'ils les fassent exploser comme kamikaze, où est le mal?

L'équipée de Mohamed Merah n'a pas été seulement une importation du conflit proche-oriental sur le sol français. (Il faut agresser ou tuer des Juifs français puisque là-bas "ils" sont en guerre contre "nous"). Au delà des théories divertissantes sur les actes d'un homme seul chères à MM. Péchenard ou Squarcini, au-delà de l'analyse tout aussi récréative de ses troubles du "moi", il ne faut pas oublier que Merah a visé d'abord des militaires français, l'uniforme, indépendamment de leur appartenance religieuse dont il ne savait rien. Avec ses comparses, il avait documenté plusieurs autres cibles de même nature, soldats, gendarmes, agents de renseignement. Merah faisait la guerre. Lors de plusieurs séjours en Afghanistan, on lui avait suggéré de "taper" à Paris, puisque comme il l'a dit "tuer un miliaire français en France vaut dix morts en Afghanistan". Il avait préféré Toulouse où il se sentait comme "un poisson dans l'eau".

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L'objectif militaire est donc clair. Commandité par ses "instructeurs" d'Afghanistan, l'opérationnel Merah parait avoir voulu reproduire strictement l'opération terroriste de Madrid de 2004, avec beaucoup moins de moyens. Un même objectif : en pleine phase électorale, frapper brutalement l'opinion, et forcer la France à rapatrier dans la précipitation ses troupes engagées en Afghanistan comme le furent les forces espagnoles d'Irak. Un scénario de déroute occidentale pourrait alors s'imposer, affectant les tentatives de stabilisation des Américains ; une perspective très prisée par les jihadistes talibans. L'affichage électoraliste par François Hollande d'un retrait unilatéral anticipé avant la fin 2012 avait laissé entrevoir une malléabilité certaine des élites dirigeantes françaises.

Merah était donc membre d'une cinquième colonne agissant sur le territoire national pour le compte de forces étrangères. Cette colonne ne fonctionne pas sur un mode centralisé, "léniniste", mais plutôt sur une curieuse association des principes "gramcistes" et maoïstes. Des thèmes de mobilisation "sociétaux", une guerre de "guérilla", une certaine autonomie opérationnelle et un puissant ciment idéologique. Brandissant un Coran cuisiné à la sauce Frères musulmans/Al Qaïda, cette mouvance radicale est fondue dans les masses de la minorité arabo-musulmane en France, qu'elle instrumentalise. Elle anime de puissants courants en rupture avec la souveraineté de l'état national. Elle affiche aussi bien le jean, le niqab, la djellaba, et parfois le costume trois pièces.

Mais, éprouvant des sensations de "plaisir indicible", Merah a aussi tué des Juifs, en particulier de très jeunes enfants, avec une bestialité qui a traumatisé l'opinion, mais surtout les Juifs français et certains musulmans. Le tueur venait de manquer l'une de ses cibles militaires et s'était rabattu sur une école juive proche qu'il connaissait bien. Ce faisant, il s'écartait peut-être  de la mission en cours d'exécution et cet écart lui a coûté la vie.

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Pourquoi Merah a-t-il éprouvé de telles sensations de plaisir et combien y a-t-il de Merah sur le sol français? La réponse va de soi. Un immense tourbillon soulève les Arabes sunnites depuis plusieurs décennies. S'appuyant sur l'argent du pétrole et une structure démographique particulièrement favorable, le poids énorme du groupe 13-25 ans, un courant extrémiste de l'Islam, un mix des doctrines d'Ibn Abd al-Wahhab et de Hassan Al Banna, ébranle la Oumma. Ce courant férocement anti occidental et bestialement antisémite étend ses tentacules sur la planète entière. Les nombreuses minorités musulmanes d'Occident sont d'autant plus exposées qu'elle vivent mal la coexistence avec leurs sociétés d'accueil, dont la culture est trop différente. Merah est le rejeton de cet islam-là et ses clones possibles sont innombrables en France, même si seule une petite minorité est susceptible de passer à l'acte terroriste.

Les autorités publiques ont voulu désamorcer la bombe jetée par Merah dans une société française en manque de repères. Elles n'ont pas eu de mal à anesthésier la colère juive, ni à afficher la figure rassurante de l'estimable Dalil Boubakeur. Elles ont crié haro sur l'amalgame entre le terroriste et les musulmans de France. Il était juste d’épargner à ces personnes pour qui la vie est souvent difficile les éclaboussures d’un sang versé sans qu'elles l’aient souhaité.

Mais il serait dramatique que l'on s'en tienne là, que l'on tourne simplement la page, comme l'ont demandé un certain nombre de candidats à la présidentielle. Et avant toute chose, il faut poser le bon diagnostic.

Le fascisme vert est bien une menace majeure pour la paix des sociétés occidentales, prenant les visages multiples d'un Merah ou d’un prédicateur suisse dont les média sont friands. Avec les "printemps" arabes où il s'est taillé la part du lion, rien n'incline à estimer que sa pression sur les immigrations européennes tende à se réduire.

Le fascisme vert est bien le foyer le plus virulent de l'antisémitisme contemporain, fusionnant  les thèmes de l'antisémitisme coranique à ceux de l'antisémitisme européen. C'est à la fois à la fois son levier d'influence sur les masses musulmanes et le masque de ses vraies menées contre les cultures et les pouvoirs non islamiques, là où il peut frapper.

Le fascisme antisémite vert a bien métastasé au plus profond de la société française et sous couvert d'antisionisme légitime il répand un antisémitisme abject chez les musulmans européens. Il semble que, devant le refus des jeunes musulmans dans leurs classes, les professeurs aient généralement renoncé à la minute de silence demandée par le président de la République en hommage aux victimes . L'Union de l'Ardennais (27 mars) signale la réflexion d'un collégien: "Pourquoi est-ce que je ferais ça si c'est des Juifs ?", d'un autre " On s'en fout c'est que des Juifs !", d'un autre encore : "Ce ne sont que des Juifs." Il avait auparavant "comparé les Juifs aux chiens qui entendent les bruits de la nuit et de l'enfer."

Le Bureau de Vigilance a déposé plainte suite  à un échange à haute voix du même genre, entre vendeuses du magasin Zara de Créteil:

  • "300 balles de pistolet c'est énorme pour un homme qui a tué des Juifs, celle sale race";
  • "Mais il a tué des enfants quand même!"
  • "Et alors ? Ce sont des Juifs quand même. Ils allaient bien devenir adultes. De toute façon ils doivent tous mourir cette sale race de merde".

Ainsi, aujourd'hui en France, des personnes d'appartenance musulmane peuvent claironner en public que la vie d'un Juif n’a aucune valeur. Le peuple musulman de France est en passe d'être gangréné par l'idéologie islamiste raciste. Il reste à déterminer dans quelles proportions.

Un vrai penseur musulman, Abdennour Bidar, pose une question intéressante à propos de l'épisode Merah : "La religion islam dans son ensemble peut-elle être dédouanée de ce type d'action radicale ? (...) n'y a-t-il pas tout de même dans ce geste l'expression extrême d'une maladie de l'islam lui-même ?" (Le Monde 24 mars) Une maladie de l'islam? Pas du message religieux islam qui relève de l'ordre métaphysique. Mais de la civilisation islam et de la politique islam, hic et nunc, oui.

De ce point de vue la maladie de l'islam est indissociable de la maladie de l'Occident.

La maladie de l'Occident, c'est le renoncement d'une société qui a cessé de croire en elle-même. Elle épouse alors les préjugés racistes de son adversaire qui s'expriment fondamentalement par sa détestation incurable d'Israël.

L'antisémitisme musulman maladroitement déguisé en antisionisme n'aurait jamais pu s'exposer aussi ouvertement s'il n’était pas légitimé par de puissantes forces hostiles à Israël de la société française. Issues de la politique, des média, de l’université, elles recouvrent une bonne partie de la gauche, de l'extrême gauche et d'une droite embourbée dans Eurabia. Les média mettent  en scène un agité borné et cacochyme, Stéphane Hessel, car d’anciens trotskistes, communistes et porteurs de valises y tiennent des positions inexpugnables d'où ils désarment les points de vue qui ne leur sied pas.

En tout cas, Toulouse a donné une leçon. Ceux qui s'en prennent à la France dans son cœur, à son armée, ceux qui radicalisent l'immigration contre l'état national, sont au fond des résurgences bellicistes et racistes voisines du nazisme, et bien sûr des ennemis acharnés de l'état juif. La question se pose. La poursuite de l’antisionisme institutionnel est-elle compatible avec la survie d'une France en mesure de résister à l'islamisme.

Publié dans Lettre n°6

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mehdi mountather 25/11/2015 12:49

La fin de Daech et Boko haram les kamikazes de satan et la fin d'israél l'état de satan aujourd'hui avant le 27.11.2015 pour éviter un cataclysme a l'échelle planétaire pire que le tsunami de Japon astéroïde pire que la météorite de Russie en 2013 si la fin du monde vendredi 27.11.2015 aux non musulmans de se convertir a l'islam pour éviter la panique et l'enfer les attentats de Paris comme le 11.9 en Usa complot de la franc maçonnerie contre l'islam.