Gestion israélienne de l’eau : une réponse aux falsificateurs

Publié le par Association France Israël Marseille

Un autre regard sur  le Proche-Orient  N° 5 Janvier 2012

Adaptation de la présentation du rapport du professeur Haim Gvirtzman pour New BESA Center Study 

"The Israeli-Palestinian Water Conflict: An Israeli Perspective" publié le 18 janvier 2012
http://www.biu.ac.il/SOC/besa/MSPS94.pdf

L’hydrologiste Haim Gvirtzman de l'Institut des sciences de la terre de l'université hébraïque,  vient de publier une analyse des accusations palestiniennes sur la question de l’eau pour le compte du Centre Begin Sadate, dont on trouvera ci-dessous une brève présentation.  Israël fournit aux Palestiniens un volume d’eau supérieur à ce que lui impose l’Accord intérimaire de 1995 . Ceux-ci autorisent de leur coté des puits illégaux;  ils refusent de traiter les eaux usées et de les affecter à l’irrigation, ils refusent de construire une usine de dessalement à Hadéra, ils maintiennent des modalités de production non écologiques.  Au lieu de s’en tenir à l’accusation et à la dénonciation comme le font les Palestiniens et surtout leurs faux amis européens qui cultivent le conflit comme M. Glavany, Gvirtzman  débouche sur des propositions positives et coopératives.

Gvirtzman se fonde sur des données récemment déclassifiées, publiées par l'administration israélienne de l'eau, 15 ans après la signature de l'accord intérimaire israélo-palestinien. Ces données prouvent qu'actuellement il n'y a presque aucune différence dans la consommation d'eau potable par tête des Israéliens et des Palestiniens. 

Néanmoins, l'Autorité palestinienne affirme qu'elle manque d'eau dans ses villes et villages à cause de l'occupation israélienne et elle invoque le droit international à l'appui de ses protestations. Elle exige plus de 700 millions de m3 d'eau par an, et des droits sur l'aquifère de Montagne, l'aquifère côtier de la bande de Gaza et celui du Jourdain. Cette demande représente plus de 50 % de l'eau potable disponible entre la Méditerranée et Jourdain. 

Gvirtzman démontre que, contrairement à ces reproches, Israël a respecté tous les engagements inscrits dans les accords qu'il a signés en 1995 avec l'Autorité palestinienne, et qu'il est même allé au-delà de ses obligations. L'Autorité palestinienne consomme actuellement 200 millions de m3 d'eau chaque année (Israël lui fournissant environ 50 millions de m3 ce qui est supérieur à ce qu'il est censé fournir selon les accords, à un état palestinien constitué dans le cadre d'un règlement sur le statut final. 

Gvirtzman montre que l'écart important de consommation d'eau qui existait en 1967, lors du passage de l'administration de la Judée et de la Samarie de la Jordanie à Israël, a été réduit au cours des 40 dernières années et qu'il est maintenant négligeable. C'est ainsi la consommation domestique d'eau per capita des Palestiniens est sensiblement supérieure aux minima définis par l'organisation mondiale de la santé. 

En revanche, les Palestiniens ont violé les engagement qui leur incombaient aux termes de l'Accord en forant plus de 250 puits non autorisés, qui détournent environ 15 millions de m3 d'eau par an, et en reliant ces puits pirates à son réseau de distribution d'électricité. De plus, en toute illégalité, l'Autorité palestinienne s'est connectée subrepticement en beaucoup d'endroits aux canalisations de la Compagnie israélienne de l'eau, ce qui constitue un vol d'eau appartenant à Israël. 

En même temps les routines d'arrosage des paysans sont gaspilleuses, leurs méthode agricoles figées provoquant des dilapidations de ressources. Selon Gvirtzman, au moins un tiers de l'eau extraite par les Palestiniens, encore une fois, en violation des accords avec Israël, est gaspillé du fait de fuites et de mauvaise gestion . Il n'y a aucun dispositif de recyclage et de retraitement de l'eau utilisée dans l'agriculture.

En fait, 95 % de 56 millions de m3 d'eaux d'égout produits par les Palestiniens tous les ans ne sont pas du tout traités. Une seule usine de traitement des eaux d'égout a été construite en Cisjordanie ces 15 dernières années, en dépit de l'existence d'un fonds de 500 millions de dollars constitué par des donateurs internationaux, disponible à cette fin. Pour Gvirtzman, "les Palestiniens refusent de construire des installations de traitement des eaux d'égout... Le comportement de l'Autorité palestinienne en matière d'utilisation et de gestion de l'eau n'est ni judicieuse, ni collaborative".

Israël est face à une question délicate que l’Europe connait bien, la gestion de l’immigration. 2.000 étrangers en détresse économique franchissent irrégulièrement ses frontières tous les mois. Pour ne pas être submergé, ce tout petit pays a pris des mesures d’internement administratif qui ont soulevé la colère des ONG droit-de-l’hommistes. Plus délicat encore, la Cour suprême a statué au début du mois sur la reconduction d’une législation qui encadre très restrictivement le regroupement familial consécutif à un mariage entre Israéliens et Palestiniens.

De nombreuses voix se sont élevées en Israël contre cette « atteinte au principe d’égalité ». A gauche, on a parlé de « discrimination envers les citoyens arabes israéliens ». Effectivement les regroupements familiaux ne concernent que les Arabes israéliens, la seule minorité qui épouse des Palestiniens. Des associations arabes comme Adalah ont dénoncé la « discrimination ethnique ». La présidente de la Cour Suprême, Doris Beinish, leur a même emboité le pas. La Cour s’est d’ailleurs prononcée de justesse pour la reconduction des restrictions (6 voix contre cinq).

Cette législation a été introduite le 1eravril 2002 après l’attentat du restaurant Matza à Haïfa où 16 personnes avaient trouvé la mort. L’auteur du forfait était un Palestinien détenteur d’une carte d’identité israélienne suite à son mariage avec une arabe israélienne. Depuis les accords d’Oslo, 130.000 Palestiniens ont pu ainsi obtenir un droit de résidence et de libre circulation. Ils ont été impliqués dans des activités terroristes dans 54 cas à partir de 2001. La sécurité était donc le motif initial de la prohibition des regroupements.

Aujourd’hui, d’autres raisons sont apparues qui renforcent cette orientation. Une justification démographique d’abord : si on peut considérer le droit à une existence maritale avec un conjoint de nationalité différente dans le pays de citoyenneté comme un droit de la personne, le regroupement familial peut devenir dans les faits une filière d’immigration régulière. On cherche l’âme sœur dans le pays de ses attaches identitaires, et l’on s’établit dans le pays de citoyenneté offrant les avantages économiques les plus appréciables. Le pays d’accueil doit alors assumer les coûts de l’union (assurance maladie, allocations familiales, logement) et les effets d’un divorce éventuel qui enclenche une nouvelle mécanique de regroupement. Plus grave, la composition de sa population est modifiée dans une direction qu’il ne maîtrise pas, compromettant peut-être la vie harmonieuse de sa population.

Comme Israël, de nombreux pays ont introduit des restrictions au regroupement familial et à l’acquisition de la nationalité par le mariage. Entre autres les États-Unis, la Nouvelle Zélande qui a fixé un critère de poids pour prévenir des dépenses de santé, le Danemark, les Pays-Bas.

Le cas d’Israël est beaucoup plus sérieux. C’est un petit pays dont la minorité arabe est très importante (20% de la population et sa fécondité est supérieure à la moyenne nationale). Mais surtout, les Palestiniens candidats à la citoyenneté et à la résidence via le mariage appartiennent à un monde arabe hostile qui se considère comme en guerre avec lui et qui souhaite quasi unanimement sa disparition. Le mariage entre arabes israéliens et palestiniens peut alors devenir une arme stratégique, au même titre que la fameuse « guerre des ventres » ou le retour des réfugiés palestiniens. Accepter ce flux de population palestinienne transplantée dans son territoire s’apparenterait à un véritable suicide national.

On attend à présent les textes vengeurs de nos croisés des droits des peuples victimes, des contempteurs de « l’homme blanc » surtout s’il est Israélien et autres « indignés », qui vont crier à l’apartheid comme M. Glavany. Il faudra leur rappeler que M. Mahmoud Abbas a tout récemment exclu qu’un seul Israélien puisse résider dans le futur état palestinien, et que son ambassadeur aux États-Unis a  exclu de son coté qu’Israël continue d’exister, sans s’embarrasser  beaucoup  de vétilleux scrupules juridiques.

Gvirtzman montre ensuite que les demandes des Palestiniens en matière d'eau ont peu de fondement à l'aune des normes du droit international. D'abord, les stipulations de l'accord sur l'eau dûment paraphé outrepassent tout autre paramètre. En second lieu, la possession historique d'Israël de l' aquifère de montagne a été établie dans les années 40. Troisièmement, les Palestiniens ne doivent pas exploiter les eaux souterraines de l' aquifère occidental, qui était entièrement à l'usage d'Israël, avant la première exploitation des eaux souterraines de l'aquifère oriental non-utilisé. En conclusion, les Palestiniens doivent colmater les fuites dans les canalisations à usage domestique, mettre en œuvre des techniques d’irrigation économes, et réutiliser les eaux d'égout pour l'irrigation. 

Comme les Palestiniens n'ont pris aucune de ces mesures et n'ont pas adopté les bonnes pratiques d'un développement soutenable, il est exclu de donner suite à leurs demandes additionnelles d'eau à Israël, affirme Gvirtzman. 

Israël est convaincu que l'on peut faire de la question de l'eau, non pas une source de polémiques et tensions mais une opportunité de compréhension mutuelle et de coopération. L'étude de Gvirtzman propose un plan qui pourrait résoudre les pénuries actuelles et futures d'eau des deux côtés de façon rapide et efficace. Ce plan, basé sur le développement soutenable et les technologies de pointe, fournirait en quantité suffisante l'eau nécessaire au moins jusqu'en 2030, et il garderait intactes quelques réserves.

Publié dans Lettre n°5

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