Surtout, ne pas oublier l’Iran !

Publié le par Association France Israël Marseille

 "Un autre regard sur le Proche-Orient" n°2 mars 2011 

 

L'immense vague qui soulève partout les masses arabes focalise à juste titre l'attention de tous les observateurs d'une histoire en train de se faire. Cette vague a à peine effleuré l'Iran, qui n'est pas arabe mais l'héritière de la vieille culture perse.

En conséquence, on a un peu oublié le fantastique danger iranien émanant d'un régime théo-fasciste appuyé sur des milices sanguinaires, les  Bassiji. Un régime qui pend et lapide à tour de bras sans beaucoup inquiéter l'ONU ni le cortège des grands "indignés' de notre époque. C'est le fauteur contemporain d'à peu près toutes les tensions et guerres du Proche et du Moyen-Orient, sans oublier l'Afghanistan. Il veut faire aboutir un ambitieux programme balistique et nucléaire. Son but est de devenir une grande puissance et d'expulser l'Occident de ses positions dans la région, positions vitales pour ce dernier quand on sait que plus de la moitié des flux pétroliers empruntent le détroit d'Ormuz à quelques encablures de l'Iran.

Mais l'idée d'une surestimation de la menace iranienne s'est mise à prévaloir. Le virus Stuxnet n'était-il pas en train d'annihiler les centrifugeuses et de stopper l'enrichissement de l'uranium, certains dirigeants israéliens n'ont-ils pas fait des déclarations embrouillées sur l'échéance de la bombe, le pouvoir des mollahs, haï des siens, n'allait-il pas vaciller ?.

Aujourd'hui, on peut affirmer que la réponse à ces questions est négative. Il est urgent de remettre l'Iran à sa vraie place dans la liste des priorités de l'Occident : deux faits nous y invitent avec insistance.

Il apparait tout d'abord que le ralentissement sensible du programme d'enrichissement causé par le virus Stuxnet est désormais une affaire du passé. Non seulement l'enrichissement a repris, mais il semble que son rythme soit plus rapide que jamais. Pire encore, selon le ministre de la défense israélien, l'Iran aurait surmonté d'autres difficultés techniques, et s'il le voulait, il pourrait faire exploser sa première bombe dans l'année. Si l'Iran décide de passer à la fabrication de la bombe dont il possède les plans depuis longtemps, il ne rencontrera pas beaucoup d'obstacles techniques sur son chemin. Rappelons que le couplage de la bombe et du programme balistique iranien ne menacent pas seulement Israël mais aussi, progressivement, toutes les grandes concentrations démographiques d'Europe occidentale, les zones urbaines de Marseille, Lyon, Paris entre autres.

Ensuite, il y a eu le passage des deux navires de guerre iranien par le Canal de Suez pour la première fois depuis 1979. Le nouveau pouvoir égyptien a décidé en toute connaissance de cause de révoquer une politique trentenaire d'interdiction imposée à l'Iran. Pour prétexte, le général Mukhtar Al-Mulla, du Conseil militaire suprême égyptien, a déterré la Convention de Constantinople de 1888 qui ne stipulerait l'interdiction "que si [c'est] un pays contre lequel je suis en guerre ou [s'il] transporte une cargaison dangereuse ou illégale." Pour l'Iran, il s'agissait à la fois de tester les nouvelles autorités d'égypte et d'afficher au nez de l'Occident une redistribution historique des cartes en Méditerranée. Narguant Israël, il vient donc de livrer par la mer à la Syrie, ce qui est vraisemblablement une cargaison de missiles à destination du Hezbollah. L'Iran renforce aussi sa présence à Gaza, profitant de la dislocation du mince barrage égyptien au trafic d'armes et d'une vacuité du pouvoir égyptien dans le Sinaï.

L'Iran que l'on était en train d'oublier, poursuit donc avec persévérance ses redoutables projets hégémoniques. Pire encore il profite de la situation pour les accélérer, s'installer en Méditerranée, et afficher ses succès avec une arrogance voulue. C'est nous Français, Européens, Occidentaux, qui sommes les vraies cibles du théo-fascisme iranien dont les forces armées s'incrustent à présent à deux pas de nos centres démographiques et économiques les plus essentiels.

Publié dans lettre n° 2

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