Recherche médicale foisonnante, apartheid et liberté

Publié le par Association France Israël Marseille

Peut-on se vouer au progrès de la condition humaine et mériter la flétrissure permanente?

 Pour un autre regard sur le Proche-Orient  Bulletin n° 3 6 juin 2011

 
 

Prenons l'exemple du congrès Biomed-Ilsi à Tel Aviv, tel qu'il est présenté par Martine Perez dans Le Figaro (du 31 mai 2011):

"L'imagination en biotechnologie n'a pas de limites: protéines chimériques pour détruire les cancers, stimulation extracrânienne contre Alzheimer, anticorps monoclonaux pour préserver le pancréas restant dans le diabète de type 1 débutant, imagerie neuronale pour évaluer les conséquences d'un traumatisme crânien… Le congrès Biomed-Ilsi qui vient de se tenir à Tel-Aviv, a permis à des centaines d'entreprises de biotechnologies, en majorité israéliennes, de présenter l'état d'avancement de leurs recherches, de séduire d'éventuels investisseurs ou de dénicher des partenariats pour mener à bien des essais cliniques."

Nous apprenons ainsi que des centaines d'entreprise de biotechnologie israéliennes sont les creusets d'une imagination débridée dans leur secteur de l'innovation médicale. Mais aussi qu'il s'agit d'une immense prise de risque consentie pour élever radicalement la qualité et l'efficacité du service rendu au malade:

"Les travaux présentés sont des pistes de recherche. Tous ne sont pas au même stade d'avancement. Certains vont révolutionner la pratique médicale et, ce faisant, offrir des royalties aux investisseurs. D'autres n'aboutiront pas. Le lancement d'une biotech est une prise de risque consenti, un gage sur l'avenir. Selon le classement de l'Institut for Management Development (IMD) qui porte sur 59 pays, Israël arrive en tête pour l'investissement en recherche et développement par tête d'habitant."

Le premier exemple est celui de Biocep, dont les travaux pourraient permettre des diagnostics très précoces du cancer, et un suivi sûr des grossesses de plus en plus tardives.

"La société Biocep basée à Safed, cité antique d'Israël, a mis au point une nouvelle technique de séparation immunomagnétique pour extraire à partir d'une prise de sang des cellules rares qui peuvent s'y trouver. Première application: le diagnostic prénatal aujourd'hui basé sur la ponction (non sans risque) de liquide amniotique dans l'utérus maternel. La demande est d'autant plus forte que près de 20% des bébés naissent chez des femmes de plus de 40 ans en Europe. Les premiers résultats ont démontré la faisabilité de cette nouvelle technique sur du sang maternel dès la fin du premier trimestre de grossesse. Un essai plus large est prévu fin juin. Biocep espère aussi développer ce dispositif pour identifier des cellules souches dans le sang afin de les utiliser en thérapie cellulaire. Autre application potentielle: la détection, par simple prise de sang, de cellules cancéreuses, en vue d'établir un diagnostic ou de surveiller des patients traités."

De leur coté, les chercheurs en neurosciences de Tel Aviv pourraient avoir ouvert la voie à des progrès révolutionnaires face au fléau de l'Alzheimer :

"[Ils] ont découvert que la stimulation magnétique transcrânienne externe sur plusieurs points précis, combinée à un entraînement de la mémoire et des médicaments, était plus efficace que l'entraînement et les médicaments seuls pour faire progresser les fonctions cognitives des malades d'Alzheimer."

Pour traiter le cancer, encore, la petite société israélienne Kahr invente un procédé qui ouvre des perspectives fascinantes à l'énorme Sanofi:

"La société Kahr a acheté un brevet à une université pour produire des protéines chimériques. L'une d'elles est capable de lutter contre le cancer dans un tube à essai. Elle a été produite en couplant une protéine bloquant le développement des cellules cancéreuses, avec une autre capable de les tuer. Le couple infernal ainsi formé a, semble-t-il, beaucoup intéressé des représentants de Sanofi, à la recherche de nouveaux développements thérapeutiques."

Un patron français exprime sa stupéfaction devant l'immense richesse imaginative de cette minuscule nation:

«Je suis impressionné par le foisonnement biotechnologique en Israël et de leur volonté de coopérer avec des entreprises françaises» , relève Jacques Biot, patron de la société de conseil JND.

Et reposons-nous la question. Les bases culturelles de cette contribution éminente au progrès humain d'aujourd'hui sont-elles compatibles avec l'esprit d'apartheid, avec le goût pour les crimes collectifs, ou pour le bellicisme?  Bien sûr que non. Tout simplement parce que de tels succès témoignent d'un peuple qui met les valeurs de l’effort individuel et de l'ouverture sur la nouveauté au centre de son existence quotidienne. Ils témoignent aussi d'un sens unique de la démocratie et de la liberté qui sont les conditions sine qua non de la créativité libérée et de la rigueur scientifique.

C'est par contre dans l'univers culturel des contempteurs obsessionnels d'Israël, comme Stéphane Hessel et mille autres qui se reconnaîtront, que prospèrent les graines de la haine, du racisme et de la soumission,  autant d’antidotes fatals à la créativité humaine.

Publié dans Lettre n°3

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