Mahmoud Abbas, maître de ballet de Barack Obama

Publié le par Association France Israël Marseille

Que recherchent vraiment les grands acteurs de la scène israélo-palestinienne ?

 "Un autre regard sur le Proche-Orient" n°2 mars 2011 

 

 

 Mahmoud Abbas

La disparition du pouvoir juif en Palestine est l’engagement de sa vie.

Il sait qu’il n’a pas des moyens d’une épreuve militaire avec Israël, mais si les Arabes engagent la guerre, il suivra.

Il n’est pas question pour lui de signer un accord définitif qui consacrerait l’existence d’une souveraineté juive sur une terre d’Islam. Il sait qu’il deviendrait un Koufar, qu’il y laisserait la vie.

Il pense aussi qu’Israël est sur la voie de l’affaiblissement et que le temps travaille pour sa cause.

Pour ne pas être contraint par Obama de signer un texte, il multiplie les obstacles à la négociation, élevant sans cesse le niveau de ses exigences. Il veut unilatéralement un gel des constructions, il ne bouge pas d’un pouce sur les réfugiés, il exige ouvertement un état palestinien Judenrein.

En attendant que le fruit tombe, il continue de chauffer à blanc l’opinion palestinienne, il honore les shahids dont la seule gloire est d’avoir tué des Juifs, femmes et enfants compris.

En attendant, il poursuit aussi la politique de grignotage, en orchestrant une guerre diplomatique de grand style contre Israël. Il a obtenu le rapport Goldstone accusant Israël de crimes de guerre, il multiplie les initiatives pour une reconnaissance unilatérale de son état par un maximum de pays. Il tente d’obtenir une condamnation des implantations israéliennes comme «illégales» par le Conseil de Sécurité. Aujourd’hui il punit Obama (!) pour ne pas avoir voté sa résolution le 18 février dernier.

 

Barack Obama

Comme ses prédécesseurs, sa priorité consiste à préserver avant tout les liens de l’Amérique avec ses alliés arabes.

Il pense que l’Amérique doit afficher plus que jamais son intérêt et son respect pour les musulmans et les Arabes.

Il semble éprouver une répulsion quasi physique pour Israël, peut-être du fait des relations étroites qu’il a entretenues avec les figures du palestinisme aux Etats-Unis comme Edward Saïd ou Rachid Khalidi.

Il sait en même temps que l’opinion américaine et une grande majorité de la classe politique sont conscientes d’une proximité culturelle avec l’état juif , et du besoin pour l’Amérique d’un allié sûr et solide dans une région instable.

Totalement incapable de comprendre la façon de penser de ses partenaires arabes, il croit attirer leur sympathie en agréant leurs demandes et en humiliant Israël, l’effet étant exactement inverse en réalité.

Il vient d’opposer le véto américain à la résolution inspirée par Ramallah après avoir supplié platement Abbas de la retirer. Son opinion publique, comme la politique traditionnelle de règlement négocié ne lui laissaient pas le choix.

En compensation, il a fait tenir par sa représentante des déclarations férocement anti israéliennes, réaffirmant «l’illégitimité» des implantations et soulignant à quel point elles seraient un obstacle à la paix.

De nombreux indices montrent qu’il prépare une nouvelle vague de pressions sur Israël.

 

Benjamin Netanyahou

Dès son arrivée au pouvoir à peu près en même temps qu’Obama, il a dû gérer la dégradation affichée des relations de son pays avec son principal allié, au moment où la menace existentielle iranienne se faisait  pressante.

Il est convaincu que la racine du conflit avec les Palestiniens tient à leur espoir d’engloutir un jour Israël d’une façon ou d’une autre. Il pense donc que la seule preuve d’une fin de conflit serait la reconnaissance d’Israël comme souveraineté juive par ses adversaires .

Par ailleurs, il ne semble pas prêt à rediviser Jérusalem,  colonne vertébrale de l’identité juive, et il connait bien les impératifs vitaux de sécurité d’Israël comme la démilitarisation totale d’un éventuel état palestinien, le contrôle de la vallée du Jourdain (couloir de pénétration vers le cœur d’Israël), et le non-retour des réfugiés palestiniens.

Il est prêt à faire preuve de toute la souplesse imaginable à condition de ne pas faire courir des risques majeurs à son pays. Il a accepté des exigences américaines et palestiniennes presque fantaisistes (gel des constructions, négociations indirectes) mais il a refusé qu’Abbas introduise des conditions préalables pour négocier.

Il sait que la plus mauvaise position en politique est de laisser à l’adversaire le privilège de l’initiative. Il tente aujourd’hui  de proposer un état palestinien  intérimaire démilitarisé pour ne pas acculer Abbas à des décisions qu’il ne peut pas prendre. En même temps il lui faut anticiper les grossières erreurs dont l’administration Obama est une experte inégalée.

Publié dans lettre n° 2

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