Les succès retentissants du combat pour la légitimité d'Israël en 2011

Publié le par Association France Israël Marseille

Un autre regard sur  le Proche-Orient  N° 5 Janvier 2012

Adaptation française par Danielle Sarano

 

D'après le rapport de The Reut Institute 2011: The Year We Punched Back on the Assault on Israel's legitimacy (2011, l'année où nous avons repoussé les attaques contre la légitimité d'Israël) nov. 2011.

 

Si les campagnes de délégitimation d'Israël se sont poursuivies et amplifiées en 2011, elles se sont heurtées à des réponses nouvelles des soutiens d'Israël qui sont souvent parvenus à la mettre en échec.

L'émergence d'un réseau "anti-délégitimation"

Dans le passé, Israël considérait qu'il était menacé physiquement dans son existence et sa sécurité. La diplomatie, la communication et les accusations de viol de la légalité lui apparaissaient comme secondaires. La hasbara , c'est à dire l'explication de son action, lui semblait suffisante. Ce pays considère désormais que les attaques contre sa légitimité, coordonnées par un réseau "délégitimation", ne peuvent être combattues que par un réseau "anti délégitimation". Les attaques politiques contre la légitimité d'Israël étant désormais considérées comme une menace décisive pesant sur la sécurité nationale, les actions pour les enrayer sont devenues des priorités publiques.

Ces actions sont menées en réseau. C'est ainsi qu'a été créé aux États-Unis le réseau Israel Action Network entre les Fédérations juives d'Amérique du nord et le Conseil juif des affaires publiques. De plus des acteurs de la société civile israélienne, des vétérans comme NGO monitor ou The Israel Project, ou de nouveaux organismes comme Cookbook, se sont associés pour combattre BDS sur les campus. De plus des groupes de réflexion (think tank) comme INSS (Institute for National Security Studies) et le JPPI (Jewish People Policy Institute) ont lancé des études sur le thème de la délégitimation.

Le succès de la démarche suppose un élargissement du camp des soutiens d'Israël, en particulier aux milieux progressistes, sensibles aux valeurs universelles et aux droits de l'homme. Il est nécessaire pour cela de bien distinguer entre la critique légitime et les actes de délégitimation et d'établir des lignes rouges à partir de discussions ouvertes.

La mise en échec de la stratégie des "méga évènements" de propagande

Ces opérations fortement médiatisées sont conçues pour mobiliser les soutiens de militants critiques de telle ou telle politique israélienne (le blocus naval de Gaza par exemple) et les faire converger sur l'objectif propre des délégitimateurs, le démantèlement final d'Israël. La campagne "Sauver Gaza" qui conduisit aux graves incidents de la flottille pour Gaza de mai 2010, a inspiré en 2011 plusieurs initiatives dont la "Flottille liberté II". Cette opération a été mise en échec par Israël qui a su rallier une forte opposition internationale, celle de la Grèce en particulier, qui empêcha les bateaux de quitter ses ports. Ce succès s'explique surtout par le flot d'informations que la société civile israélienne a mis à la disposition de ses amis étrangers.

Dans la même optique, des mouvements militants ont voulu planifier une "flytilla" ou 'flottille aérienne" à l'assaut de l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. 340 militants ont voulu débarquer en Israël pour promouvoir le "droit au retour" des réfugiés palestiniens. L'initiative a été neutralisée au niveau du gouvernement israélien par l'action des services de sécurité et par la communication d'informations émanant de militants pro israéliens en direction des responsables et des notabilités locales.

La réponse aux opérations "de guerre judiciaire" contre Israël

·  Le Royaume-Uni a modifié sa loi de compétence judiciaire universelle très controversée, utilisée par des activistes pour émettre des mandats d'arrêt contre des Israéliens. L'amendement restreint l'émission de ces mandats contre les personnalités politiques et militaires israéliennes voyageant en Grande-Bretagne.

·  Le rapport Palmer des Nations unies sur la flottille de Gaza de 2010 constitue une victoire juridique et morale pour Israël.

Ce rapport reconnait la légalité du blocus naval israélien de Gaza, dans la mesure où ce pays " est confronté à une menace sur sa sécurité émanant de groupes violents." Les conclusions du rapport Palmer ont été le résultat de l'approche constructive et transparente de l'enquête internationale menée par le président de la commission. Pour conforter cette approche plus transparente, Israël a accepté la présence de deux observateurs internationaux dans la Commission Turkel, qui a enquêté pour son compte sur la flottille et le blocus de Gaza

· La repentance de Goldstone : le Juge Richard Goldstone, le chef de la commission d'enquête des Nations Unies, auteur d'un rapport infâme sur l'opération Plomb Durci, qui accusait Israël de crimes de guerre. Il publiait en avril 2011 un texte où il reconsidérait les conclusions du rapport. Cet article, s'ajoutant au rapport  Palmer et au changement de politique d'Israël envers Gaza, a mis "une peau de banane" sous les pieds des stratèges de la flottille de Gaza.

Il semble que la transparence dont a fait preuve l'armée israélienne vis-à-vis de la communauté internationale, attestée par ses rapports minutieux et autocritiques ait conduit Goldstone à se rétracter. D'autres rapports, comme celui du Centre d'information sur le terrorisme ont aussi eu un impact.

La mise en lumière des véritables objectifs des délégitimateurs

· Suite à un rapport de l'ONG NGOMonitor, Uri Rosenthal, le ministre hollandais des Affaires Étrangères, a diligenté une enquête sur le financement indirect par son gouvernement du site Internet Intifada électronique, où l'on compare les Israéliens aux Nazis. Il s'est formé une association de blogueurs et d'organisations pro-israéliennes aux Pays-Bas. Elle a lancé une campagne d'information intensive sur le Web.

· Le ministère israélien de la Défense a déclaré illégal le Centre pour le Retour palestinien de Londres, un groupe affilié au Hamas. Des rapports sur ses activités de délégitimation, élaborés par diverses organisations pro-israéliennes fonctionnant en réseau ont motivé cette décision.

·  "Irvine 11" Sur les onze étudiants d'Irvine -l'Université de Californie- qui avaient interrompu une conférence de l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Michael Oren, dix ont été reconnus coupables d'avoir sciemment organisé la perturbation. La communauté juive du Comté d'Orange a joué un rôle important dans ce résultat.

· Interruption de la parution du journal Berkeley Daily Planet. Un militant local, John Gertz a utilisé son site Internet www.DPWatchDog.com pour organiser une campagne couronnée de succès contre cette publication, qui était le socle du mouvement BDS à Bay Area.

Le suivi du programme d'action anti israélien '

·  La neutralisation de la conférence "Durban III" : Cette conférence de l'ONU a été tenue dans le droit fil de la première conférence de Durban en Afrique du Sud en 2001. Les conférences de Durban servent tremplin pour répandre la haine antisémite. Durban II avait accueilli le président iranien, Ahmadinejad. Cet événement n'a pas été médiatisé cette année et il n'a eu aucun impact.

· Après une campagne diplomatique intensive du gouvernement israélien et des organisations pro israélienne, quatorze pays ont fini par boycotter la réunion. De plus, des organisations juives et pro-israéliennes ont mené des campagnes d'envergure pour démontrer l'hypocrisie de Durban III.

·  Le Tribunal Russell démasqué: en septembre 2011, il s'est réuni en Afrique du Sud pour "étudier" si "le traitement infligé aux Palestiniens par Israël correspond à la définition internationale du crime d'apartheid." La communauté juive locale a adopté une stratégie à deux volets: elle a délibérément ignoré l'événement tout en collaborant efficacement avec NGO Monitor. L'événement n'a pas reçu de couverture médiatique, et la publicité qu'on a fait autour de lui a surtout permis démasquer les vrais objectifs des organisateurs : promouvoir l'isolement d'Israël et le dépeindre comme un paria.

· L'échec de la semaine de la haine d'Israël sur des campus. Les campus sont une importante arène où les forces radicales ont voulu imposer la délégitimation d'Israël en investissant leurs moyens en direction des cercles progressistes en formation. La semaine de l'apartheid est l'évènement central de leur agitation.

· Israël et ses alliés ont fait un effort énorme dans cette arène l'an passé. Ils ont surement contribué à ralentir la dynamique délégitimatrice grâce à l'implication d'organisations étudiantes anciennes comme la Coalition pour Israël sur les campus, Hillel, l'Union des étudiants (UJS), l'Union Mondiale de Étudiants juifs (WUJS); et nouvelles plateformes comme Qu'est ce qui est vrai, MENIA etc.

La dynamique avortée du boycott

· Le gouvernement de l'état de Victoria en Australie a demandé à Australian, une organisation de consommateurs, d'enquêter sur le Mouvement BDS pour le boycott des entreprises ayant des liens avec Israël, au motif d'une violation de la législation locale sur la concurrence. Parmi les entreprises visées par le boycott, la succursale du chocolatier israélien Max Brenner. C'est ainsi que le Parti Vert NSW a récemment renoncé à son soutien aux activités de boycott.

·  Le Syndicat des affaires de la Famille du Royaume Uni a rejeté deux propositions de boycott qui lui ont été faites lors du dernier Yom Kippour. La première exprimait un soutien au mouvement BDS et incitait ses membres à le rejoindre; la seconde tentait d'aligner le groupe sur les positions du Trade Union Council en faveur du boycott d'Israël.

·  Le Syndicat britannique des Journalistes (NUJ), le Syndicat de l'enseignement supérieur (UCU), ainsi que l'Université de Johannesburg (UJ), qui avaient passé des résolutions de boycott les ont annulées par la suite ou ne les ont pas mises en œuvre.

Un dernier exemple, à toute petite échelle mais significatif, celui d'un magasin de chaussures de Montréal, The Blaze. Ce commerce a le grand tort de vendre des chaussures de loisir israéliennes de la marque Teva Naot. Il a subi pour cela une longue et sévère campagne d'intimidation. Toutes les semaines, plusieurs dizaines de militants boycotteurs se rassemblent devant le magasin : ils hurlent des slogans du genre "Israël apartheid" et demandent aux éventuels clients de signer un appel au boycott. Ils prétendent créer ainsi une "Zone sans apartheid" dans la rue St Denis de Montréal. Le directeur du magasin, un Israélien du nom de Michael Illouz, n'est pas vraiment découragé par cette agitation. L'acharnement des militants a eu un effet boomerang, et les ventes ont été plutôt stimulées que freinées. Elles ont augmenté de 7 % depuis le début des manifestations. Les bonnes affaires du magasin montrent aussi que de nombreux habitants de la ville sont hostiles aux thèmes et aux violences du BDS.

Publié dans Lettre n°5

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