L’Europe en mutation: « croire à certaines valeurs et les propager activement »

Publié le par Association France Israël Marseille

"Un autre regard sur le Proche-Orient" n°2 mars 2011
 Extraits du discours de David Cameron, premier ministre britannique, à la Conférence de Munich sur la Sécurité du 5 février 2011

La menace la plus grave que nous connaissons aujourd'hui réside dans les attentats terroristes, qui malheureusement, sont parfois commis par nos propres citoyens.
En vertu de la doctrine de notre état sur le multiculturalisme, nous avons encouragé les différentes cultures à vivre séparément, coupées les unes des autres et en marge de la majorité. Nous ne sommes pas parvenus à élaborer la vision d'une société dont elles se seraient toutes senties parties prenantes. Nous avons même accepté que ces communautés prennent des directions qui les conduisent à l'opposé de nos valeurs.
Ainsi, quand une personne blanche tient des propos répréhensibles, par exemple des propos racistes, nous la condamnons justement. Mais quand des propos ou des pratiques tout aussi répréhensibles émanent de personnes qui ne sont pas des blancs, franchement nous sommes trop prudents, franchement même peureux, au moment de leur demander des comptes….
Des organisations qui prétendent jouer le rôle de traits d'union avec la communauté musulmane, reçoivent des flots d'argent public bien qu'elles ne fassent pas grand-chose pour combattre l'extrémisme. Certains en ont fait la remarque, c'est comme si l'on comptait sur un parti de l'extrême droite fasciste pour combattre un mouvement violent prônant la supériorité de la race blanche. Nous devons donc évaluer ces organisations de façon pertinente: croient-elles en l'universalité des droits de l'homme, y compris les femmes et les adeptes d'autres religions ? Croient-elles dans l'égalité universelle devant la loi ? Croient-elle dans la démocratie et dans le droit des peuples d'élire leurs dirigeants? Encouragent-elles l'intégration ou la séparation ? … Si elles ne réussissent pas ces tests et si elles n'obéissent pas à ces conditions, on ne doit pas entretenir de relations avec elles, et on ne doit pas leur attribuer des fonds publics, ni les impliquer dans des partenariats avec les ministères chez nous.
En même temps nous devons empêcher ces groupes de toucher les publics relevant des organismes financés par l'état comme les universités, où même les prisons dans le cas britannique. Maintenant, il y a des gens qui disent que ce n'est pas compatible avec la liberté d'expression et la recherche intellectuelle. Alors, je vous le demande, auriez-vous le même point de vue s'il s'agissait d'extrémistes de droite qui recrutaient sur nos campus? Seriez-vous partisans de ne pas agir si des Chrétiens fondamentalistes qui croient que le musulman est l'ennemi conduisaient les prières dans nos prisons ? Et à ceux qui disent que ces extrémistes non-violents nous aident en ce moment à préserver les citoyens jeunes et vulnérables de la violence, je réponds que c'est une absurdité….

Franchement nous devons faire preuve de beaucoup moins de tolérance passive que ces dernières années, et nous devons pratiquer un libéralisme plus actif et plus musclé. Une société adepte de la tolérance passive dit à ses citoyens "tant que vous obéissez à la loi, nous vous laisserons agir à votre guise". Elle met en avant sa neutralité devant les systèmes de valeur différents.

Mais je crois qu'un pays qui pratique un libéralisme intelligent doit faire beaucoup plus ; il croit dans certaines valeurs et il les propage activement. La liberté d'expression, la liberté de culte, la démocratie, l'autorité de la loi, les droits égaux quelque soit la race, le sexe, où les préférences sexuelles. Il dit à ses citoyens que c'est ce qui nous constitue comme société. Et pour appartenir à cette société nous devons croire à tout cela. Maintenant, je suis convaincu que dans nos pays, il appartient à chacun d'entre nous d'assurer la défense de la liberté sans ambigüité et de façon intraitable

Publié dans lettre n° 2

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