Ce qu'Israël reproche à l'Autorité palestinienne sur la gestion de l'eau

Publié le par Association France Israël Marseille

  •  Les négligences et les gaspillages. Souvent, les puits palestiniens et les habitations n'ont pas de compteurs d'eau. La population n'est pas financièrement incitée à l'économie. La maintenance des réseaux est délaissée avec des équipements souvent en panne ou non utilisés. Les pertes officielles du réseau seraient de 33.6%, mais de combien en réalité? La liberté de forage a fait rendre l'âme aux réserves souterraines de Gaza (salinisation). 
  •  La stagnation des techniques agricoles, et au lieu du goutte à goutte, l'irrigation par inondation. Le gaspillage est énorme et il réduit d'autant l’eau disponible pour les usages domestiques. 
  • La pollution généralisée, le refus obstiné du retraitement et du recyclage vers l'agriculture. Il était prévu en 1995 de construire 16 stations d'épuration (pré financées par des pays donateurs). L'Autorité palestinienne n'en a construit qu'une (qui fonctionne mal) à El Bireh. En conséquence les eaux usées sont rejetées dans la nature (50 millions de m3 par an), polluant très gravement les cours d'eau,  les sources et l'aquifère le plus décisif pour Israël. (La plaine côtière israélienne est en aval de la Cisjordanie). Les Palestiniens ne traitent que 4 % de leurs eaux usées.
  • Les procédés illégaux. L'Autorité palestinienne ne fore pas la moitié des puits autorisés, mais elle ferme les yeux sur 250 puits illégaux (autour de Qalqilia, Tulkarem, Jénine) en toute connaissance de cause car ces puits sont reliés à son réseau électrique. Ils pompent illégalement dans les aquifères alloués à Israël par le traité Oslo II de 1995, contraignant ce pays à réduire ses prélèvements sur ses propres ressources pour éviter la salinisation. De plus certaines municipalités palestiniennes se raccordent sans vergogne aux conduites israéliennes. Ces prélèvements illégaux représentent au total 13 millions de m3 par an ! L6 img01

Carte des puits illégaux forés par l’Autorité palestinienne
depuis l’accord intérimaire de 1995

  •  Une politique d'obstruction. Les Palestiniens refusent le projet de canal Mer Rouge - Mer Morte agréé par Israël et la Jordanie, au prétexte qu'il faut attendre la signature d'un accord sur le statut final. Les solutions sont ainsi renvoyées à une échéance indéterminée. On a même vu récemment 21 villages palestiniens refuser la proposition d'Israël de raccordement à son système d'égouts.

Israël demande en définitive aux Palestiniens de passer de l’irresponsabilité à la responsabilité, d'une attitude de confrontation à une politique coopérative, d’accepter les rudes contraintes du développement durable, et d'éduquer leur population dans le sens de la modernité.

Publié dans Lettre n°6

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